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Archive for the ‘Français’ Category

Français

January 10, 2010

“Quelqu’un m’a dit” de Carla Bruni

CD de Carla Bruni

On me dit que nos vies ne valent pas grand-chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses.
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos chagrins, il s’en fait des manteaux
Pourtant quelqu’un m’a dit…

 

Refrain
Que tu m’aimais encore,
C’est quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais encore.
Serais ce possible alors ?

 

On me dit que le destin se moque bien de nous
Qu’il ne nous donne rien et qu’il nous promet tout
Parait qu’le bonheur est à portée de main,
Alors on tend la main et on se retrouve fou
Pourtant quelqu’un m’a dit …

 

Refrain
Que tu m’aimais encore,
C’est quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais encore.
Serais ce possible alors ?

 

Mais qui est ce qui m’a dit que toujours tu m’aimais?
Je ne me souviens plus c’était tard dans la nuit,
J’entends encore la voix, mais je ne vois plus les traits
“Il vous aime, c’est secret, lui dites pas que j’vous l’ai dit”
Tu vois quelqu’un m’a dit…

 

Que tu m’aimais encore, me l’a t’on vraiment dit…
Que tu m’aimais encore, serais ce possible alors ?

 

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos tristesses il s’en fait des manteaux,
Pourtant quelqu’un m’a dit…

 

Que tu m’aimais encore,
C’est quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais encore.
Serais ce possible alors ?

 

Auteur, compositeur et interprète: Carla Bruni
Année: 2002
Lieu d’origine: Turin, Italie

 

Cette chanson, c’est « Quelqu’un m’a dit » de Carla Bruni. Cette artiste est l’auteure, la compositrice et l’interprète de la chanson. Elle était aussi mannequin en France pendant 10 ans et elle est justement mariée au président de ce pays, Nicholas Sarkozy, depuis 2008. Même si elle habite en France depuis l’âge de sept ans, elle vient d’Italie, plus précisément de Turin, où elle est née le 23 décembre 1967. Elle a joué un rôle dans le film « Catwalk » ainsi que dans « Paparazzi ». Après avoir tourné ces films, elle a arrêté d’être mannequin, à l’âge de 29 ans, afin de mieux se concentrer sur la musique.

 

Des fois, une chanson, si on ne l’écoute qu’une fois, elle ne peut être rien d’autre qu’un ramassis de notes de musique, suivies d’autres notes de musique. Mais d’autres fois, au contraire, une chanson peut te faire arrêter peu importe ce que tu faisais, rien que pour écouter. Je le dis tout de suite, je ne suis pas vraiment une fanatique de la musique française. Je ne connaissais aucun chanteur français, à part peut-être Céline Dion, et encore là, je ne la connais que parce qu’elle chante en anglais aussi. Alors, je n’avais aucune idée de qui choisir. Donc, j’ai pris la liste des chanteurs interprètes que Mme. Fortin nous a donnée, j’ai choisi quelqu’un au hasard et je suis allée écouter sa musique. Et étrangement, même s’il y a quelque chose qui sonnait faux dans la voix de l’interprète, dans sa façon de chanter, cette musique m’a fait arrêter, rien que pour écouter.

 

Cette chanson, elle parle d’une jeune femme qui semble avoir eu beaucoup de moments difficiles avec un homme et qui en souffre, surtout parce qu’elle a fini par ne plus « sortir » avec cette personne. On peut sentir ce désarroi quand elle parle de ce qu’elle pensait de la vie, du temps, du destin. Et soudain, une nuit, elle a l’impression que son petit ami l’aime encore. Elle représente cette impression en disant que c’est quelqu’un qui lui avait dit qu’il l’aimait encore. Ce qui est intéressant, c’est la façon dont la chanteuse relate le moment quand elle entend ce « quelqu’un », car elle renvoie toute une image. Elle dit que c’est la nuit, donc on imagine immédiatement du noir, une pièce sombre. Et on peut presque voir quelqu’un lui chuchoter à l’oreille. Et justement l’obscurité aide à comprendre la lueur d’espoir qui jaillit en la jeune femme lorsqu’elle entend que le garçon l’aime encore. Cette lueur, on peut presque l’imaginer briller dans l’obscurité. Ce qui joue avec le sens de la vue.

 

On sent la tristesse qu’elle émane et quelque chose dans le ton de la chanteuse, à un moment donné, montre qu’elle commence à se convaincre que tout n’est peut-être pas fini. Tout au long de la chanson, elle se questionne sur ce qu’elle avait entendu, elle se demande si elle devrait y croire.

 

Et il y a aussi les métaphores, les comparaisons, les façons d’interpréter certaines choses dans la vie. Il n’y en a pas beaucoup, mais souvent, la qualité est préférable à la quantité, car les métaphores qui sont dans ces paroles peuvent faire sourire si on les écoute vraiment. Ces comparaisons disent des choses qui peuvent parfois vous faire hocher la tête en accord avec la vérité des mots. Par exemple, dans le premier couplet, on traite le temps de salaud et je trouve que c’est vrai parce que des fois, il passe beaucoup trop vite et on ne s’en rend même pas compte. En fait, je pense que c’est ce que l’auteure voulait insinuer en disant ça. Aussi, j’adore la façon qu’on représente le destin et le bonheur à un moment donné dans la chanson. Carla Bruni dit et je cite : « On me dit que le destin se moque bien de nous, qu’il ne nous donne rien et qu’il nous promet tout, parait qu’le bonheur est à portée de main, alors on tend la main et on se retrouve fou. » Ce que je trouve quand même assez représentatif et bien dit, surtout que ça sonne poétique.

 

Cette chanson est une ballade dont les paroles forment un texte esthétique, c’est surtout un texte qui exprime des émotions représentées avec des phrases écrites pour que l’on trouve la chanson poétique. Les rimes sont majoritairement suivies, mais il arrive que ce soit des rimes croisées, quoique c’est plus rare.

 

Une autre chose que j’aime de « Quelqu’un m’a dit », c’est que c’est une chanson qui parle d’amour. Et des chansons d’amour, il y en a plein, j’en connais beaucoup et vous aussi, vous en connaissez beaucoup. Mais étrangement, ça ne sonne pas vraiment « cliché », ce n’est pas banal. Je pense que ce qui aide à améliorer l’authenticité de la chanson, ce sont les paroles : « pourtant quelqu’un m’a dit que tu m’aimais encore ». C’est en fait ma partie préférée de toute la pièce, celle qui me dit vraiment quelque chose. C’est cette phrase qui donne le sujet de la chanson parce que vous savez, il y a plusieurs façons de parler d’amour dans une chanson et cette façon là, je ne l’ai jamais vraiment rencontrée dans une pièce musicale jusqu’à maintenant.

 

Pour moi, quelque chose dans cette chanson est incroyable, même si certaines personnes peuvent mal interpréter le côté maladroit de cette chanson, le rythme irrégulier des paroles, les tons légèrement faux, la mélodie simple jouée à la guitare. Mais les paroles… Les paroles, c’est comme si je les comprends, mais en même temps, elles me donnent l’impression de n’être qu’une étrangère pour elles, qu’une personne qui ne comprend rien du tout. Mais au fond, la poésie fait toujours ça.

 

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Français

October 26, 2009

Je t’aime chandail rouge!

Je t'aime chandail rouge!

L’odeur de glace me frappa de plein fouet lorsque j’entrai dans l’aréna. Sur les bancs, je voyais les joueurs de hockey des deux équipes mettre leurs patins, leurs visages légèrement anxieux à l’idée de jouer leur premier match de la saison. Plus loin, leur famille et amis prenaient place dans les gradins en souriant.

Tout en jetant un coup d’œil à la masse de joueurs aux chandails bleus, je me dirigeai aussi vers les gradins, cherchant mon chum des yeux. Je fronçai les sourcils en ne le trouvant nulle part. Mais où était-il? Il devait être là, il le fallait. Et là, je le vis : Dominic. Il me regarda aussi et me sourit. Je fis de même en lui faisant un petit signe de la main. C’était bien; il était là.

Mais malheureusement, ça n’allait pas bien pour son équipe, les Tornades, lorsque le match a commencé et qu’ils commençaient à perdre. Dominic avait bien fait un but, mais… ils perdaient quand même. 4-1. Et deux d’entre ces buts avaient été faits par le #26, son numéro était bien affiché sur son chandail rouge. Rouge… comme celui des Canadiens. Non mais, cette équipe se prenait pour les joueurs de Montréal ou quoi?

À la fin du match, les Tornades ont perdu 5-3. Je me levai pour aller accueillir Dominic qui paraissait plutôt nerveux. Je ne me demandai pas pourquoi. Je m’approchai de lui et m’exclamai :

- Hé, Dominic!

- Pas maintenant, Angela, me dit-il en me regardant vaguement.

Je fronçai les sourcils, mais je ne répliquai pas. Je lui dis simplement que je l’attendrais à la sortie, mais il ne se retourna pas. Je soupirai et allai acheter deux chocolats chauds à la distributrice de café. Dominic adorait le chocolat chaud, ça allait sûrement lui remonter un peu le moral.

Mais lorsque j’arrivai devant la distributrice, il y avait déjà quelqu’un. D’après son allure et ses cheveux trempés, je réalisai que c’était un des joueurs de hockey… de l’équipe adverse, les Super Patins, les SP. (Au juste, c’est quoi ce nom de merde?) Je plissai les yeux pour mieux le voir alors que je m’approchais. Puis je le reconnus et je m’arrêtai brusquement. C’était le joueur #26. L’adversaire avec un grand A de Dominic.

Juste à ce moment, il se retourna et me regarda avec de grands yeux vert foncé. Il me sourit et s’écarta de la machine pour me laisser prendre ce que je voulais. Son sourire me désarçonna, pour une raison que j’ignore, et je balbutiai un « merci » à peine audible. Je me sentis rougir en achetant mes deux chocolats chauds et j’étais si distraite que je n’en achetai qu’un. Quand je me détournai, il me fixait encore. Je lui adressai un sourire gêné.

- Salut, me dit-il en me bloquant discrètement le passage alors que je commençais à m’éloigner. Heu… moi c’est Emmanuel.

- Ah. Je m’appelle… euh… Angela.

- Salut, répéta-t-il en souriant.

Nous continuâmes à nous dévisager lorsqu’un groupe de gars de l’équipe d’Emmanuel le héla :

- Hé, Emmanuel! Qu’est-ce que tu fous? Faut aller célébrer la victoire! Grouille-toi!

Emmanuel me jeta un dernier regard, me salua et partit avec son équipe.

J’étais encore plantée là, chocolat chaud dans la main, lorsque Dominic sortit du vestiaire. Il marchait vers moi d’un pas lent, traînant avec lui son sac de hockey. Quand il fut arrivé à mon hauteur, je lui adressai un petit sourire incertain. Il me fixa d’un air lugubre et sans dire un mot, se dirigea vers la sortie.

Au fond de moi, je souhaitais probablement le suivre, mais je ne le fis pas, car je restai là, à le regarder s’éloigner, sans le moindre mouvement qui risquait de trahir la possibilité que je désire lui emboîter le pas.

 

 Mais qu’est-ce que je faisais là? J’avais regardé, ce n’était pas la date d’un match des Tornades, mais plutôt un entraînement de cette équipe adverse aux chandails rouges… Néanmoins, j’étais là, assise dans les estrades presque vides, fixant la glace en attendant que l’entraînement commence. J’avais l’impression de trahir Dominic en assistant à cet entraînement, alors qu’il venait de perdre contre les SP.

Juste au moment où j’allais me lever pour partir, je vis Emmanuel et me rassis comme si il était la raison pour laquelle j’étais là. Il avait déjà mis ses patins, mais pas son casque, laissant voir ses cheveux châtains. Il portait fièrement le chandail rouge de son équipe et semblait prêt à jouer au hockey. Lorsqu’il allait mettre un pied sur la glace, il se retourna et me vit, ce qui stoppa net son geste.

Un large sourire apparut sur son visage et ce sourire me fit rougir légèrement. Il semblait content de me voir. Et étrangement, moi aussi, j’étais contente de le voir, alors que je ne devrais pas l’être…

À cet entraînement, je vis exactement de quoi était capable Emmanuel. Ce qu’il avait fait au match des SP contre les Tornades, c’était rien. La vitesse à laquelle il se déplaçait sur la glace… c’était incroyable. Je n’arrivais pas à détacher mon regard de lui, comme si le simple fait de cligner des yeux risquait de le faire disparaître. Ses passes, elles étaient quasi parfaites, presque gracieuses. Et les goals, c’était vlan! Dans le but. C’était surprenant.

À la fin de la pratique, l’équipe se dirigea vers les vestiaires. Je restai dans les gradins pour un moment, songeuse. Emmanuel était dix fois mieux au hockey que Dominic. Et même si c’était une erreur de ma part de l’avouer, il l’était, pour de vrai. Finalement, je me décidai à partir et j’attendis près des vestiaires. Ce que j’attendais, je ne le savais pas vraiment. Ou peut-être bien que si. Quand j’entendis Emmanuel sortir, je sursautai. Le pire, c’était qu’il m’avait vue sursauter et s’était approché de moi pour me demander si ça allait.

- Oui, oui, ça va, marmonnai-je, prise de court. Je… je faisais juste regarder les photos. (Je gesticulai en direction des photos des équipes de hockey affichées sur le mur.)

- Ah. Ouais. Ben, si tu veux savoir, les SP, on est là. (Il pointa l’image de son équipe.)

- Oh.

Je hochai la tête. La conversation était passionnante. Après une minute de silence passée à observer les équipes, Emmanuel me demanda :

- Alors… tu veux qu’on aille s’acheter des chocolats chauds tous les deux ou tu préfères qu’on reste là à fixer les photos?

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September 29, 2009

À grosses gouttes

C’est étrange que certains choisissent de ne pas aimer, comme si c’est une question de choix, comme si l’amour, ça se décidait à partir du cerveau. J’aurais aimé ne pas pouvoir aimer, ne pas ressentir de douleur. Être insensible. C’aurait été parfait. Parfait de ne pas pleurer.

C’est étrange que l’amour ne fonctionne pas comme on le veut. La personne qu’on aime ne nous aime pas, elle aime ton amie, Julia.

C’est étrange que je ne sois pas fâchée contre mon amie. Ce n’est pas à elle que j’en veux. J’en veux à lui. À lui parce qu’il est parfait, parce qu’il représente tout ce que je veux.

En sortant dehors, je me rends compte qu’il pleut. Les gouttes tombent du ciel pour finir écrasées sur l’asphalte. Je me sens comme ces gouttes, écrasée, alors qu’il n’y a pas très longtemps, j’étais tout en haut.

Et comment ils font, les arbres, pour se dresser aussi haut? Comment ils font pour ne pas se briser, se casser, se détruire à la moindre tempête? Je lève les yeux vers les nuages pour observer la cime des sapins. Ils touchent presque le ciel…

Bien sûr, je n’ai rien laissé paraître de mon malaise à mon amie. J’ai feint l’enthousiasme. Je suis bonne pour faire ça, je l’ai toujours été. Parce qu’ici, plus rien ne compte. Ici, c’est la fin du monde. La fin de ce monde imparfait.

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