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Archive for September, 2009

Français

September 29, 2009

À grosses gouttes

C’est étrange que certains choisissent de ne pas aimer, comme si c’est une question de choix, comme si l’amour, ça se décidait à partir du cerveau. J’aurais aimé ne pas pouvoir aimer, ne pas ressentir de douleur. Être insensible. C’aurait été parfait. Parfait de ne pas pleurer.

C’est étrange que l’amour ne fonctionne pas comme on le veut. La personne qu’on aime ne nous aime pas, elle aime ton amie, Julia.

C’est étrange que je ne sois pas fâchée contre mon amie. Ce n’est pas à elle que j’en veux. J’en veux à lui. À lui parce qu’il est parfait, parce qu’il représente tout ce que je veux.

En sortant dehors, je me rends compte qu’il pleut. Les gouttes tombent du ciel pour finir écrasées sur l’asphalte. Je me sens comme ces gouttes, écrasée, alors qu’il n’y a pas très longtemps, j’étais tout en haut.

Et comment ils font, les arbres, pour se dresser aussi haut? Comment ils font pour ne pas se briser, se casser, se détruire à la moindre tempête? Je lève les yeux vers les nuages pour observer la cime des sapins. Ils touchent presque le ciel…

Bien sûr, je n’ai rien laissé paraître de mon malaise à mon amie. J’ai feint l’enthousiasme. Je suis bonne pour faire ça, je l’ai toujours été. Parce qu’ici, plus rien ne compte. Ici, c’est la fin du monde. La fin de ce monde imparfait.

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Français

September 28, 2009

Ici, sous la pluie: partie 3

J’ouvre les yeux. C’est lundi. Et mon weekend a été super. En premier, le soir avec Michael à manger des spaghettis (c’est vrai que c’est sa spécialité!), ensuite le samedi au cinéma avec Michael (c’est lui qui a payé (aww)) et le dimanche scotchée au téléphone à parler (et à rire) avec Michael. Maintenant, je dois aller à l’école. Pas si super.

- Il y a plusieurs types de poèmes : sonnets, ballades, rondeaux…

Je fixe la prof de français sans l’écouter. De quoi elle parle déjà? Je m’en fous! Tout ce que je sais, c’est que j’aime Michael. Marc, c’est un con. Il ne sait pas m’apprécier à ma propre valeur  et s’il n’a pas su m’aimer, c’est lui qui perd, pas moi.

Après l’école, j’ai rendez-vous avec Michael au gymnase et j’ai hâte que le cours se finisse pour que je puisse enfin dégager d’ici et retrouver mon chum. Enfin, la cloche sonne et je me dépêche de prendre toutes mes affaires de mon casier et m’apprête à partir en vitesse. C’est à ce moment que Marc (qu’est-ce qu’il veut ce con-là?) me retient en m’attrapant par la manche droite. Je me retourne donc à contrecœur et jette un regard noir à mon interlocuteur, mais je m’oblige à lui sourire.

- Oui, Marc?

- Rose, il faut qu’on parle.

- Maintenant?

- Maintenant.

- Bon, écoute, on se parle plus tard, je suis vraiment occupée là. Salut!

Je le laisse comme ça, au beau milieu du couloir, à me regarder m’éloigner avec de gros yeux. Ha ha, ça l’apprendra de faire de mauvais choix! Dans la vie, il faut choisir : la belle fille intelligente ou la pute. Et il a choisi la pute. Tant pis pour lui.

J’oublie instantanément Marc lorsque j’aperçois la lourde porte donnant au gymnase. Michael y est sûrement déjà. Je souris juste en pensant à lui, ses yeux bleus et sa voix profonde. J’ouvre la porte à moitié, mais étrangement, quand j’entends la voix de Michael, je la referme un peu, la laissant légèrement entrouverte. Je tends l’oreille pour écouter la conversation. (Oui, je sais bien qu’il ne faut pas écouter les conversations des autres, mais lorsque c’est une discussion entre ton merveilleux, incroyable chum et ses deux meilleurs amis, ça fait exception.) (Surtout qu’ils sont en train de parler de moi. Ça fait exception.)

- Ouais, ta Rose, elle est très drôle, s’exclame un des amis de Michael

Ils se mettent à cramper.

- Les spaghettis ta spécialité! Dude, tu sais même pas cuisiner!

QUOI??

- Oui, je sais, dit Michael après un autre excès d’hilarité. Elle était bien trop hypnotisée par mon incroyable regard bleu pour se rendre compte que la sauce, c’était de la sauce en poudre!

Non, mais de quoi il parle? Il se prend pour qui ce gars!?

- Alors, Mike, tu vas continuer cette blague pour combien de temps?

- Ah, ça faut voir… Yo, vous savez, elle croit que je fais ça pour rendre Brigitte Pelletier jalouse. (Rire.) Elle est vraiment conne pour ne pas ce rendre compte que tout ça, c’est juste un pari!

- Oui, s’écrie l’un d’entre eux. Et dire qu’on est obligés de te payer 20$ chacun juste parce que t’as rendue une fille amoureuse de toi…

Je ne suis pas restée pour en entendre plus. En moi, je sens que tout était en train de s’écrouler. Je peux à peine refouler mes larmes qui risquent de déborder. Je me mets à courir dans le couloir, voulant à tout prix sortir de ce bâtiment, de cette école. Je sens que j’étouffe ici, j’en peux plus. Je pousse la porte de toutes mes forces et sors de l’école avec précipitation.

Dehors, il pleut à grosses gouttes. Mais j’ignore la température et cours vers l’avant de l’édifice, vers le mini parc devant l’école. Rendue là, je m’approche du grand arbre au milieu de l’endroit et m’assois à ses pieds, laissant les gouttes de pluie mouiller mes cheveux, mon visage, mes vêtements.

Je ferme les yeux, car je ne veux plus voir. Dans ma tête, il n’y a que des images de Michael et moi. Michael. Je lui ai tellement fait confiance! Je lui ai fait confiance de façon naïve, d’une façon stupide! Il a raison, je suis conne de ne m’être rendue compte de rien! Comment a-t-il pu me faire ça?

Et là, au milieu de tout ça, je ne peux m’empêcher de penser à Marc. Marc, que j’avais traité de con, alors qu’il n’avait rien fait. S’il avait envie de sortir avec Emma et que ça le rendait heureux, pourquoi ça me dérangerait? Parce que je l’aime. Plus que Michael, plus que quiconque que j’aie pu aimer. Il est mon meilleur ami et il le restera, je ne serai pas fâchée contre lui, puisque en ce moment, tout ce dont j’aurais besoin, c’est de le voir. De voir ses yeux bruns aux reflets dorés, d’entendre sa voix grave, de toucher ses cheveux doux…

J’ouvre les yeux et tout d’abord, je crois que j’hallucine. Je vois des yeux bruns aux reflets dorés… non! Ça ne peut pas être…

- Rose, ça va? me demande Marc de sa voix que j’aime tant.

Haletante, encore sous le choc, je fais signe que oui de la tête. Oui, ça va mieux maintenant qu’il est là.

- Rose, il faut qu’on parle. 

Je hoche la tête de nouveau. Ses cheveux sont trempés. Et je lui dis, puisque c’est la seule chose que je suis capable de dire. Il me fixe, légèrement confus, puis me sourie. Ce sourire…

- Rose, je dois te dire que… que je t’aime.

Je le regarde et j’essuie une goutte de pluie qui ruisselait le long de sa joue avant de lui répondre :

- Mais tu aimes Emma… 

- Non. Je suis sorti avec elle juste parce que (il hésite) je voulais te rendre jalouse.

Je ne peux pas m’empêcher de rire de l’ironie de la situation. Lui il voulait me rendre jalouse?

- Moi aussi, je t’aime, Marc, répondis-je avec sincérité.

En ce moment, je ne vois rien que lui. Ses yeux, ses cheveux trempés, son sourire. Il n’y avait plus de Michael, lui, je l’ai tout de suite oublié quand Marc m’a embrassée, ici, sous la pluie.

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Mes Poèmes

September 27, 2009

Les larmes de la pluie

Pour échapper à la pluie battante,

Je vais sous ton balcon, haletante,

Le cœur brisé et tourmenté,

Par ton refus non désiré.

 

Je lève mon regard vers toi,

Je n’y peux rien, je m’émouvoie,

En voyant tes yeux brun-doré,

Et ton clin d’œil amusé.

 

Je frissonne et je bégaie,

Devant ton regard qui m’effraie,

Déclenchant grands maux d’âme,

Je me tais en refoulant mes larmes.

 

Peur subite, il fait froid,

Lorsque tu te penches vers moi,

Sourire gêné aux lèvres,

Et m’embrasse.

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